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Une bonne nouvelle au gré de la semaine,

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05 mai – Diana DE CROP, Les Amis d’ma Mère

Paris a la Mona Lisa de Léonard de Vinci,  Rome la Fornarina de Raphaël,  et nous à Bruxelles… une petite fille triste sans reconnaissance de paternité. Toutes trois révélées dans les premières années du XVIè siècle, sublimées par des mains de génie et auréolées de mystère, elles ne vivent pas dans la même lumière. L’énigmatique sourire et l’amante dénudée sont consacrées au titre de trésor national bien au-delà de leurs frontières, la troisième se morfond discrètement dans une galerie sans faste à l’ombre de nos gloires nationales. 

Si vous ne vous êtes pas encore accordé le plaisir d’aller admirer cette petite fille de Bruxelles, réjouissez-vous! La fin de son confinement est proche, plus que quelques jours à attendre jusqu’au 19 mai quand le musée Old Master –la section des Maîtres Anciens du Musée Royal des Beaux -Arts de Belgique  rouvrira ses portes. C’est là que se trouve cette petite merveille, nichée dans la galerie des maîtres anciens, entourée des plus illustres d’entre eux, Breueghel, Rubens, Bosh, Memling, Jordaens, Van Dyck,  Van der Weyden,…

Dans ces yeux-là …

Lorsque vous arriverez devant elle,  La petite fille à l’oiseau mort est son nom,  vous aurez sans doute bien du mal à en détourner les yeux, happé que vous serez par l’intensité et la fixité de ses yeux gris bleu, l’insondable sérieux de son regard. Retient-elle ses larmes ? Sa tristesse semble infinie. Elle tient dans ses mains un oiseau mort.

Peut-on imaginer que « son » peintre ait lui aussi connu cette douleur muette et cette interrogation face à la mort, au point de pouvoir la rendre si intensément dans un visage d’enfant? Nous ne connaîtrons de lui que ce que l’on y verra soi-même en plongeant nos yeux dans ceux de cette petite fille. Mais nous reconnaîtrons d’emblée son talent à rendre le teint diaphane de ce visage, la grâce du ruban bleu pâle en liserant la coiffe, la subtilité de la couleur blanche légèrement jaunâtre de la robe, le fond brun très sombre qui contraste avec les joues rondes de l’enfant…  Habitait-il la réalité de cette fillette ? Etait-ce sa fille ?

Nous n’en saurons rien…

La Fillette à l’oiseau mort est une œuvre particulièrement troublante, un mystère non résolu. Peinte vers 1520 par un artiste anonyme des Pays-Bas méridionaux (jadis les dix provinces qui occupent aujourd’hui les territoires de la Belgique, du Luxembourg et du nord de la France), elle se définit simplement comme une petite huile sur bois de 36,7 x 29,8 cm..

Le Musée des Beaux-Art de Bruxelles l’a acquise en 1922, avec le concours des frères de Meulemeester en mémoire du Comte Cavens qui était propriétaire du tableau. Son histoire s’arrête-là. Pas d’étude ou de recherche particulière pour mieux la connaître. Pour l’imaginer, un roman est venu à sa rescousse : Le Voyage à Venise de Philippe Beaussant.

Il faut donc allez sur place, 3 rue de la Régence à Bruxelles, pour faire sa connaissance. Reconnaissez que c’est un bien joli rendez-vous…

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Une bonne nouvelle par jour, … avec un petite interruptions deux jours…
Aujourd’hui: « PAS ENCORE DE REPOS ETERNEL POUR NEFERTITI  … ». 
29 avril – Diana DE CROP, Les Amis d’ma Mère


(c) Jan Nikolai Nelles

Elle dont le nom signifie « la belle est venue »  n’en finit pas de… revenir! Dans sa vie de l’au-delà, Osiris lui compte déjà sept vies. La sienne d’abord (1370-1333 av. J.-C.), en tant que grande épouse royale d’Akhenaton, célébrée pour sa beauté et immortalisée par son célèbre buste.  Puis, toutes celles que les autres ont décidés de lui donner… A commencer par le premier, Ludwig Borchardt, l’archéologue allemand qui l’a découverte en 1912 à Tell el- Amarna en Egypte et qui l’a ramenée en Allemagne,  point de départ de sa nouvelle vie d’éternité. Un long périple qui démarre avec sa première apparition en public quelques années plus tard en 1924 au Neues Museum de Berlin et à partir de là, l’histoire des demandes répétées de l’Egypte pour exiger son retour au pays.

Le buste de la discorde 

Si dans les années trente, le gouvernement allemand semblait sur le point de leur rendre leur trésor national, Adolf Hitler a ensuite changé d’avis, déclarant qu’il « ne renoncerait  jamais à la tête de la reine ».  On connaît la suite… la belle Nefertiti a passé la seconde guerre mondiale dans une mine de sel avant d’être récupérée par les Monuments Men des forces alliées en 1945, pour être ensuite réexposée à Berlin après encore bien des péripéties.

L’Egypte n’a jamais cessé d’œuvrer à sa restitution. En 2011, le Conseil suprême des Antiquités adressait une nouvelle demande de restitution mais la Fondation du patrimoine prussien a toujours campé sur sa position : «Néfertiti est et reste l’ambassadrice d’Egypte à Berlin ! ». 

Nefertiti pour tous ! Les hackers entrent en piste…

C’est ici qu’entrent en scène deux artistes, la Germano-irakienne Nora Al-Badri et l’Allemand Jan Nikolai Nelles. En 2015, lors d’une performance artistique militante (*), ils « volent » le scan du buste de Nefertiti en s’équipant d’une caméra capteur de mouvements. Armés de scanners portables camouflés sous leur écharpe, ils numérisent clandestinement le buste de la belle pendant plusieurs heures. Leur objectif : mettre en ligne les fichiers d’impression 3D sous licence libre pour que chacun puisse en réaliser une impression 3D. En effet, non content d’en avoir déjà l’original, le Neues Museum, -contrairement à d‘autres grands musées -, en interdit la moindre photographie, refuse alors d’en partager les scans originaux et ne donne pas un accès libre aux résultats des recherches.

 La vidéo est disponible et peut être vue depuis https://vimeo.com/148156899

La 3D pour protester

Trois mois plus tard à Hambourg,  les deux artistes dévoilaient leur projet intitulé «The Other Nefertiri » lors du plus grand rassemblement de hackers d’Europe (Chaos Computer Club). Aucun musée égyptien n’ayant souhaité montré le buste en 3D, ce geste devient alors un symbole pour revendiquer le retour des antiquités dans leur pays d’origine : « La tête de Néfertiti représente les autres millions d’objets volés et pillés partout dans le monde et ce qui se passe actuellement en Syrie, en Irak et ailleurs, a expliqué Nora Al-Badri. A l’avenir, les possibilités technologiques et la pression du public finiront par conduire au rapatriement de la plupart des objets vers les communautés et les nations dont ils sont originaires, tandis que nous pourrons toujours montrer des copies ou des incarnations digitales aux visiteurs des musées occidentaux ».  La première réaction publique de l’Allemagne a été de ne pas voir la nécessité de réagir.

Des perspectives infinies…

Au-delà des problèmes juridiques qu’il entraîne, le boom de la numérisation 3D du patrimoine culturel ouvre des perspectives incroyables. De grands musées comme le MET à New-York encourage déjà ses visiteurs à scanner les objets de sa collection, le British Museum a été jusqu’à organiser un « scanathon » et les musées nationaux de France proposent désormais des modélisations 3D téléchargeables  de certains de ses  chefs d’œuvre.  En version XXL, un musée de Taïwan imprime en 3D une réplique de mammouth. Détruite par Daech, l’arche de Palmyre  sera bientôt reconstruite en 3D taille réelle, l’impression 3D pourrait accélérer la fin du chantier de la Sagrada Familia…

Du vol à la réplique

Au cœur de cette évolution, la position du Neue Museum n’était plus tenable. Après 3 années de bataille juridique, les scans 3D de Nefertiti sont maintenant disponibles en ligne. Le musée a finit par communiquer ses données numériques à l’artiste militant Cosmo Wenman, expert en numérisation 3D qui faisait campagne pour pouvoir les diffuser librement et gratuitement. Cequ’il fit le 3 novembre 2019.  Voilà donc la 7ème vie de Nefertiri qui s’achève sur un portail de partage de contenus numériques! 

La réplique « parfaite » du visage de Néfertiti ?

Quelques mois plus tôt, en 2018, grâce à la technologie d’imagerie 3D et l’analyse médico-légale réunies, la paléoartiste Elisabeth Daynès  sculptait un buste réaliste de Néfertiti, une reconstruction historique précise de son apparence dans la vie, une ressemblance frappante qui révèle sa peau satinée, son long cou gracieux, ses pommettes saillantes et son œil droit rehaussé de khôl.

Le royaume d’Osiris est infini… Pour pousser plus loin la performance et marquer les esprits, nos deux artistes-hackers ont révélé  avoir enterré une impression 3D du buste dans le désert. Qu’en aurait pensé Djéhoutymès (Thoutmôsis en grec ancien) le sculpteur, le « vrai » artiste ? Quoi qu’il en dise,  la huitième vie de Néfertiti vient de commencer…


Nora al-Badri et Jan Nikolai Nelles devant une impression 3D du buste de la Reine Nefertiti au Caire (c) Jan Nikolai Nelles
Le vrai visage de Nefertiti ©Josh Gates-Elisabeth Daynès
(*) La vidéo est disponible et peut être vue depuis https://vimeo.com/148156899

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Une bonne nouvelle par jour, … 
Aujourd’hui: «Le silence est d’art ». 
23 avril – Diana DE CROP, Les Amis d’ma Mère

En complicité silencieuse et choisie avec:
©Matteo PUGLIESE – « Il Segreto ». Détail, carrare marble

©Vilmelm Hammershoi, « Hilve ».
©MilanJespers « L’Homme armé ». 
©Louis Buisseret, « La Voix du silence.
©Fernand Knopff « L’Eloge du silence».
©Léon Spilliaert, « La porte ouverte.
©Sir John Lavery, « Jeune fille en robe rouge lisant ».    
 
Depuis que le chant des oiseaux a pris le dessus sur le bruit des avions, le silence vient à nous comme un cadeau tombé du ciel. Comme ce proverbe nous le chuchote à l’oreille:  “En silence, nous pouvons capter ce que l’oeil ne peut voir, ce que l’oreille ne peut entendre, ce que les mains ne peuvent toucher ».
Quels meilleurs messagers pour nous le faire voir que les artistes.  En art aussi, le silence est d’or… 

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Une bonne nouvelle par jour, … 
Aujourd’hui: « Sortez couverts! », une performance dans l’air du temps… 
22 avril – Diana DE CROP, Les Amis d’ma Mère               

       
©Maxime Matthys

Quelques jours après le début du confinement en France, un jeune artiste belge de 25 ans, Maxime Matthys, est sorti dans le centre-ville de Rennes, non pas muni de la sacro-sainte attestation de dérogation dûment complétée mais… complètement couvert par 150 attestations accrochées à ses vêtements.

Il lui aura fallu deux jours pour scotcher ces dizaines de feuilles volantes, toutes  signées, datées et complétées, avec comme motifs de sortie ce que la réglementation exige : « des déplacements brefs, dans la limite d’une heure quotidienne et dans un rayon maximal d’un kilomètre autour du domicile, liés soit à l’activité physique individuelle des personnes,-  à l’exclusion de toute pratique sportive collective et de toute proximité avec d’autres personnes-, soit liés à la promenade avec les seules personnes regroupées dans un même domicile, soit aux besoins des animaux de compagnie ».  

Lorsque Maxime Matthys entreprend sa sortie couvert de son drôle de costume,- dans un rayon de 500 mètres autour de chez lui et pour moins d’une heure-, il sait qu’aucun attroupement ne se fera autour de lui  (un comble pour un performeur !) mais … il rencontre quand même trois gendarmes ! Un sacré coup de bol, comme on dit à Bruxelles, pour le retentissement de sa vidéo qui aura été vue près de 100 000 fois !  Leur aparté insolite n’a pas dit pas si les deux agents ont saisi le surréalisme de l’affaire et son sens de l’humour, mais comme il se trouvait dans la légalité la plus complète, ils l’ont laissé poursuivre sa sortie autorisée…à condition de détruire son « costume ». Pas parce qu’il est interdit de circuler déguisé en feuilles volantes en dehors du carnaval, mais parce qu’en bons représentants de l’ordre, ils redoutaient que les passants se regroupent autour de lui par curiosité. Rien de bien méchant, donc !

 Il n’en reste pas moins que le but de “Sortez couverts” était des plus sérieux.  Le jeune artiste a expliqué que sa performance n’avait pas vocation à remettre en cause le confinement établi,- il encourage les gens à le respecter-, mais à le questionner.  “Je n’aurai jamais imaginé dans ma vie s’interloque-t-il, devoir me munir d’une attestation pour sortir dans la rue.  Le costume est un peu une métaphore de la situation actuelle et de la politique de santé publique qui est assez dingue : la quarantaine et le confinement sont des techniques qui ont été créées au Moyen Âge pour lutter contre les épidémies de l’époque comme la peste ou la lèpre. En 2020, avec notre armada d’innovations technologiques on se retrouve à utiliser ces techniques moyenâgeuses ».

Où va la liberté quand elle s’en va…

Sans faire la morale, son acte artistique veut interpeller et questionner : “Disparaître sous une montagne d’attestations comme ça dans la rue lance-t-il,  c’est une manière de questionner, de provoquer les gens et d’une manière le gouvernement. Le questionnement c’est : que sont ces attestations? Que représentent-elles ? Pourquoi en est-on arrivés au point de devoir rester enfermés chez nous et écrire sur un bout de papier la raison pour laquelle on sort dans la rue?”. 

Des milliers d’autres que lui se sont posés ces questions, mais ce que la petite histoire ne nous dit pas, c’est où ces dizaines d’heures de liberté se sont envolées…

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Une bonne nouvelle par jour, … 
Aujourd’hui: LE « LIGHT ART » DANS LES SOMMETS…
… POUR UN MESSAGE PLANETAIRE
21 avril – Diana DE CROP, Les Amis d’ma Mère                                                                                                

                                                                                         
1er avril 2020, le Cervin illuminé @artiste Gerry Hofstetter-copyright photo afp Fabrice Coffrin
30 mars 2020, la grande pyramide de Kheops @Khaled Desouki-afp                                                

L’artiste zurichois, Gerry Hofstetter a fait de la symbolique sa marque de fabrique. Magistral artiste du «light art», il n’a de cesse d’arpenter la planète pour transformer des paysages, des montagnes, des  bâtiments et des monuments en objets d’art temporaires. En les drapant d’éphémères drapés lumineux, il les métamorphose en messagers éphémères pour nous faire réfléchir sur le monde. Ses light art expéditions abolissent le temps et l’espace.

En 2012 par exemple, pour célébrer les 100 ans du naufrage du Titanic, c’est au Groenland qu’il est parti projeter, depuis un bateau, l’image grandeur nature du célèbre paquebot  (269 m) sur un iceberg de 630 m de long provenant de la même région que celui qui le fit autrefois sombrer. Après une quinzaine de minutes, comme dans l’Histoire, ce Titanic fantôme a disparu de la surface de l’iceberg pour s’évanouir à jamais dans la nuit. 

La lumière et l’espoir…

Depuis ce 1er avril et jusqu’à la fin du confinement, c’est le Cervin qu’il illumine en signe d’espoir et de solidarité. Telle une immense dent rocheuse perçant le ciel, cette montagne mythique était ici avant que l’humanité n’existe, explique l’artiste. C’est un symbole, et aussi loin qu’on remonte dans l’Histoire, l’art a lui aussi toujours rassemblé les gens. La lumière, c’est l’espoir, si vous faites un message avec la lumière dans une situation comme celle que nous vivons actuellement, vous donnez cet espoir, seul l’art peut faire ça…« Hope » (espoir en anglais), « Solidarité », drapeaux italien et suisse, gigantesque coeur rouge sur fond blanc sont ainsi envoyés par un projecteur situé à plusieurs centaines de mètres de l’une des parois de cette emblématique montagne qui ressemble à une gigantesque pyramide

… d’une pyramide à l’autre…

Le 30 mars dernier en Egyptela Grande pyramide de Guizeh se transformait elle aussi en écran de projection pour un message en lettres de lumière adressé au monde entier.

Des bords du Nil à la frontière italo-suisse, toutes deux millénaires, l’une façonnée par la main de l’Homme, l’autre née de Dame Nature, unies dans un même message à la planète. 

A méditer… peut-être en croquant un morceau de chocolat Toblerone, dont le Cervin sous forme de pyramide est l’emblème…

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Une bonne nouvelle par jour, … 
Aujourd’hui: ARTEMISIA GENTILESCHI RETROUVE UN DE « SES »TABLEAUX
17 avril – Diana DE CROP, Les Amis d’ma Mère


Le David et Goliath nouvellement attribué à Artemisia Gentieschi ©Courtesy Simon Gillespie Studio

Avril aurait dû être «son » mois de gloire à Artemisia Gentileschi ! Avec la  grande rétrospective qui devait démarrer  ce mois-ci à la National Gallery  à Londres et l’accrochage  en majesté de « son »  David et Goliath.

Confinement oblige, elle devra encore attendre… Qu’en aurait-elle pensé, elle qui est peut-être morte de la peste lors de la grande l’épidémie de Naples?

Rare femme peintre dans l’Italie du XVIIe siècle et artiste à succès,  Artemisia Gentileschi mena une brillante carrière internationale, auprès des grandes cours européennes. Tombée dans l’oubli des siècles, elle fut redécouverte par le célèbre historien d’art Roberto Longhi au début du XXè siècle. Mais les manuels d’histoire de l’art la cantonnèrent ensuite pour de longues années encore dans l’ombre de son père et de bien d’autres.

Enfin la lumière…

Quatre siècles après sa disparition, la voilà honorée pour sa peinture et qui retrouve « ses » toiles attribuées à tort d’autres. Il y a deux ans lorsque son David et Goliath a refait surface sur le marché de l’art, les experts chargés de sa restauration ont découvert et authentifié sa signature inscrite sur la lame de David. Et l’an passé, sa Lucrèce  qui met en scène l’honneur d’une femme outragée, a été adjugée près de 4,8 millions d’euros à Paris, un record pour l’artiste


Artemisia Gentileschi, autoportrait. Windsor Royal Collection

Dans le sillage du Caravage

Aujourd’hui considérée comme l’une des figures majeures de la peinture baroque, Artemisia Gentileschi s’est imposée à une époque où l’œuvre des femmes peintres  était souvent été ignorée ou attribuée à des hommes. Née en 1593 à Rome, elle appartient à la génération bénie des caravagesques. Elle n’a pas 20 ans quand Le Caravage meurt  brutalement en 1610.  Elle s’est formée à la peinture dans l’atelier de son père et a rapidement révélé son goût pour un naturalisme vigoureux, son talent d’anatomiste, sa science du détail et ses effets de clair-obscur parfaitement maîtrisés.

Sur la quarantaine de tableaux qui lui sont attribués, beaucoup  magnifient les grandes héroïnes de l’histoire biblique, comme  Judith, Bethsabée, Catherine d’Alexandrie ou Marie-Madeleine. Baignée dans la révolution caravagesque, elle représente souvent des scènes aux effets théâtraux, avec une volonté de frapper, de percuter, comme l’illustre, avec une rare violence, la scène de décollation de Judith et Holopherne, un de ses chefs-d’œuvre.

Quand la vie efface l’œuvre…

Si elle est aujourd’hui honorée pour sa peinture et non plus pour sa vie romanesque, -un peu comme le bouillant Caravage-, son art fut  considéré à l’aune de son existence contrariée, ce qui a longtemps desservi son œuvre. Elle n’avait pas 20 ans lorsqu’elle eut à subir de plein fouet la publicité faite au procès que son père intenta à son violeur,- un de ses collaborateurs qui au lieu d’enseigner l’art de la perspective à sa fille abusait d’elle. L’affaire entachera à jamais la réputation d’Artemisia qui, déshonorée, sera mariée à un peintre florentin et quittera Rome.

Première femme à intégrer l’Académie

Installée à Florence, elle travaillera d’arrache-pied et sera à 23 ans la première femme admise à l’Académie de dessin. Elle comptera le grand-duc de Toscane parmi ses acheteurs et connaîtra  le succès à 37 ans comme peintre de cour sous le patronage des Médicis puis en Angleterre. Son mariage raté la ramènera à Rome où sa vie continuera d’être bousculée. Elle voyagera à Venise puis se s’installera à Naples où elle animera un atelier. L’ambassadeur d’Espagne à la cour pontificale diffusera ses peintures jusqu’à Madrid.  Elle rejoindra ensuite son père à Londres pour l’aider à achever des décors destinés au roi et au duc de Buckingham. Elle terminera sa vie à Naples où on perd sa trace en 1654.


© La main d’Artemisia Gentileschi,  Pierre Dumonstier le Neveu (1625). British Museum

u nom de toutes les autres…

Savez-vous combien d’artistes femmes figurent dans les collections de peinture du Louvre ?  À peine plus d’une vingtaine ! Dans le département des sculptures, on les compte même sur les doigts d’une main. Parmi 700 œuvres d’artistes femmes répertoriées dans la base Joconde, la très grande majorité s’avère être des dessins et des… miniatures. Tout un symbole !

Saluons donc ici l’œuvre et le parcours d’Artemisia comme un hommage à celles encore dans l’oubli. Et saluons aussi la mobilisation des historiennes, des directrices et directeurs de musée qui permet de réévaluer leur importance malgré des siècles de préjugés.

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Une bonne nouvelle par jour, … 
Aujourd’hui: FIN DE L’ARNAQUE: LES OFFICES DE FLORENCE ONT VAINCU LES PIRATES DU NET!
14 avril – Diana DE CROP, Les Amis d’ma Mère

Qui n’a pas été victime un jour d’une arnaque aux billets d’entrée des musées… En bon touriste lambda, on commande en ligne, on paie via le site qu’on croit officiel et sitôt à l’intérieur, on se rend compte qu’on a payé bien au-delà du tarif !

Le 13 mars dernier, Olivier Tosseri, correspondant à Rome pour Le Journal des Arts, partageait la bonne nouvelle : la Cour fédérale d’Arizona venait, un mois plus tôt, de condamner une société coupable de cybersquattage aux dépens du Musée des Offices à Florence.

Un coup dévastateur aux vampires sur internet…

… et une victoire judiciaire qu’a saluée le conservateur des Offices, l’Allemand Eike Schmidt, pas seulement pour le musée (deuxième site culturel le plus visité en Italie) et le ministère en charge de la conservation du Patrimoine, mais aussi pour la dignité des citoyens floués : c’est un coup dévastateur porté aux vampires sur internet,  a t-il ainsi désigné les sites qui, après avoir acheté des billets de son musée, les revendent deux ou trois fois plus chers à des touristes crédules. « Ces parasites ont illégalement et en parfaite mauvaise foi exploité notre patrimoine, notre image et notre réputation ! ». 

Pour traquer et attaquer en justice cette société vampire, le Musée, le Ministère des Biens et Activités culturelles et le Ministère des Affaires étrangères ont fait bloc sur leur cible, la société BoxNic, qui avait enregistré en Arizona de nombreux noms de domaines Internet contenant le mot « offices »-  uffizi en italien.

Une victoire judiciaire historique qui fera date. 

La décision de justice américaine a affirmé le « droit supérieur » du musée sur son nom et son logo et a reconnu BoxNic coupable de contrefaçon de marque, de concurrence déloyale et de cybersquattage (pratique qui consiste à enregistrer un nom de domaine correspondant à une marque avec l’intention d’altérer sa visibilité ou de détourner sa notoriété pour en tirer un profit économique).

Elle a aussi imposé le retour au musée florentin de tous les noms de domaine déjà enregistrés. L’usage par des tiers des noms uffizi.com, uffizi.net, uffizigallery.com, uffizigallery.net, uffizi­gallery.org ou toute autre dénomination similaire est désormais interdit, ils ne pourront être employés, et exclusivement, que par les Offices. 

Un exemple  qui nous fera du bien! 

Cette victoire sera déterminante dans la jurisprudence internationale. Elle permettra d’intensifier la lutte contre la revente illégale des billets en ligne laquelle génère des sommes colossales et concerne les grands musées du monde entier. Il sera dorénavant plus difficile pour les revendeurs en ligne de tous les pays de s’enrichir au détriment des musées et… des touristes que nous sommes ! Une sacrée bonne nouvelle ! 

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Une bonne nouvelle par jour, … 
Aujourd’hui: A l’approche du week-end de Pâques, en complicité avec le National Geographic, voici (peut-être) le visage de Marie-Madeleine, non pas comme représenté en peinture par les artistes au fil des siècles, mais tel que des scientifiques seraient parvenus à le reconstituer à partir d’un crâne antique. Ce visage est-il celui de Marie-Madeleine ?

 


 ©www.nationalgeographic.fr

Source : https://www.nationalgeographic.fr. 

Selon une reconstitution médico-légale, Marie-Madeleine avait les pommettes saillantes, les cheveux sombres et le nez proéminent. Un paléo-pathologiste français, Philippe Charlier, également spécialiste en matière d’énigmes médico-historiques a travaillé avec une équipe d’une dizaines de chercheurs de l’université de Versailles sur ce projet.  Ils ont appliqué des méthodes médico-légales et anthropologiques à un crâne considéré comme une des reliques les plus importantes de la chrétienté. N’ayant pas pu sortir le crâne de son reliquaire (dans la crypte de la basilique Saint-Maximin-La Sainte-Baume), ils ont travaillé sur des cheveux  anciennement adhérents au crâne et ont réalisé près de 400 photos du crâne pour réaliser une reconstruction 3D (voir la vidéo). Leurs résultats ont permis de confirmer ceux d’une expertise anthropologique que le CNRS a réalisé en 1974 établissant que ces reliques appartiennent  à une femme décédée alors qu’elle était âgée d’une cinquantaine d’années.

Selon la tradition provençale, Marie-Madeleine aurait vécu près de trente ans dans le massif de la Sainte-Baume où elle aurait été ensevelie par Maximin devenu évêque d’Aix, à l’endroit où s’élevait au XIIIè siècle l’église dédiée à ce saint. Selon les Evangiles qui la présentent comme le premier témoin de la résurrection de Jésus dont elle est une fidèle disciple, Marie-Madeleine est souvent représentée comme une pécheresse repentie, ses longs cheveux dénoués.

En savoir plus: lire l’article   https://www.nationalgeographic.fr/histoire/ce-visage-est-il-celui-de-marie-madeleine

N’omettons pas de préciser que le débat sur l’authenticité des reliques ne date pas d’hier… 
… mais surtout, nous nous privons pas du plaisir d’admirer la sublime fresque de Fra Angelico du Couvent San Marco à Florence “Noli me tangere » (Ne me touche pas) représentant le Christ ressuscité le dimanche de Pâques à l’adresse de Marie-Madeleine (1440).           

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Une bonne nouvelle par jour…
Aujourd’hui : 
Envie de donner un p’tit coup d’main au FBI pour retrouver ces chefs d’oeuvres « disparus » ?
10 avril – Diana DE CROP, Les Amis d’ma Mère

Ce Portrait d’un jeune hommepar Raphaël (considéré comme un autoportrait de l’artiste) se trouvait dans un musée de Cracovie jusqu’en 1939. Confisqué par les nazis, il a été vu pour la dernière fois en 1945 décorant la résidence du gouverneur de Pologne. Ce portrait d’une valeur de 100 millions d’euros serait le chef-d’œuvre le plus important perdu pendant la Seconde Guerre mondiale. Le ministère polonais des Affaires étrangères est persuadé que l’œuvre a survécu à la guerre mais il ne l’a toujours pas retrouvée.

Figure allongée, par Henry Moore. Le fait qu’elle pèse plus de 2 tonnes n’a pas découragé les voleurs qui l’ont dérobée en hiver 2005 dans les jardins de la Fondation Henry Moore dans le Hertfordshire. Leur mode d’action fut plutôt cocasse car pour la déplacer, ils ont utilisé un camion-grue… et une Mini Cooper ! Depuis, plus aucune trace d’elle. Aurait-elle  été fondue pour récupérer le bronze ?

La Nativité avec saint François et saint Laurentpar le CaravageC’est le tableau qui figure tout en haut de la liste des œuvres volées les plus recherchées par le FBI. Il était conservé dans l’oratoire de San Lorenzo, à Palerme, en Sicile.Une nuit d’octobre 1969, la toile a été découpée dans son cadre, à l’aide d’un couteau. Les soupçons se sont portés sur la mafia sicilienne, un repenti aurait même prétendu que la toile avait été conservée dans une ferme et qu’elle avait été dévorée par les rats et les cochons. L’enquête n’a jamais abouti. Le tableau est toujours introuvable. 

Le Pigeon aux petits poispar Picasso. Il a été volé lors d’un cambriolage spectaculaire dans la nuit du 19 au 20 mai 2010, au musée d’art moderne de Paris. Cinq tableaux signés Picasso, Modigliani, Léger, Matisse et Braque y ont été dérobés pour un butin d’une valeur de 100 millions d’euros. Le commanditaire n’avait demandé qu’un seul tableau, mais lorsque le voleur s’est aperçu que le système d’alarme ne fonctionnait pas, il en profité pour « se servir un peu plus » et prendre, entre-autre, ce Picasso aux p’tits pois. Le cambriolage a fait tellement de bruit que le commanditaire (introuvable), conscient qu’il ne pourrait pas les écouler, n’en a plus voulu ! Le voleur (démasqué, lui) a fait croire aux enquêteurs qu’il avait alors détruit les œuvres. La  police n’y a jamais vraiment crû mais elle n’a jamais remis la main sur le butin. 

Le Christ dans la tempête sur la mer de Galilée, par Rembrandt. La toile a été volée en 1990 avec 12 autres tableaux lors de ce qui est encore considéré comme le plus gros casse de musée de l’histoire des États-Unis. Alors que tout Boston célèbre la Saint-Patrick, deux cambrioleurs déguisés en policiers pénètrent dans le musée Isabella Stewart Gardner, neutralisent les deux gardiens et débranchent l’alarme. Leur butin est inestimable : trois Rembrandt, un Vermeer, plusieurs dessins de Degas et un Manet. L’opération aura duré 81 minutes exactement. Le FBI a enquêté pendant près de 25 ans, partout dans le monde pour retrouver leurs traces. En vain.

En savoir plus : « Tableaux volés, enquêtes sur les vols dans le monde de l’et », Simon Houpt et Raymond Kendall
 https://www.babelio.com/livres/Houpt-Tableaux-voles–Enquetes-sur-les-vols-dans-le-mon/458136
« Simon Houpt raconte de manière fascinante l’histoire des vols et des pillages des œuvres dans le monde de l’Art. Les enquêtes de Tableaux volés permettent de découvrir l’ampleur de ces butins qui pourrait constituer aujourd’hui la plus grande collection d’œuvres d’art jamais rassemblées dans un musée : 27 Rembrandt, 16 Renoir, 17 Lautrec, une douzaine de Van Gogh et un chiffre étourdissant de 79 Picasso… Selon Interpol, la valeur du marché des œuvres d’art volées (plus de 25000 pièces répertoriées) occuperait la troisième place sur la liste des activités illicites après le trafic de drogue et d’armement. L’auteur rend également hommage aux professionnels qui se consacrent chaque jour, avec passion et détermination, à la recherche de ces trésors perdus ».

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Où trouver l’info concernant les initiatives de la Ministre de la culture pour les artistes et  celles de l’Onem dans le cadre du chômage temporaire « covid 19 » ? 

Voir la foire aux questions liées à la crise du Covid19 sur : http://www.culture.be/index.php?id=17747
Voir la feuille info de l’Onem sur le « chômage temporaire – Covid 19 (Coronavirus) » sur: https://www.onem.be/fr/documentation/feuille-info/e1-0

AVIS AUX JEUNES ARTISTES : vous avez des questions ? Ecrivez-nous sur : https://www.lesamisdmamere.be/contact/  
ou info@lesamisdmamere.be

Ou encore téléphoner au « guichet culture » : 02 413 31 28 
ou envoyer votre question par mail à : culture.info@cfwb.be

Ou encore voir : www.smart.be ou http://www.atelierdroitssociaux.be/

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“La culture ne sera pas la grande oubliée du Fonds d’urgence, promet la ministre de la culture» 

C’est évidemment une nouvelle rassurante. Un fonds d’urgence de 8,4 millions servira a à indemniser les opérateurs du secteur culturel qui ont subi des pertes importantes de recettes en raison de l’annulation d’activités ou la fermeture des lieux. C’est un engagement ferme. Pour les “autres”, la ministre Bénédicte Linard s’est engagée à ne pas perdre de vue les problèmes liés au chômage temporaire, à l’accès et au maintien du statut d’artiste, aux droits d’auteur et aux modalités de tax shelter. 

Malgré son évidente bonne volonté, Les Amis d’ma mère sont inquiets : nous craignons que les « oubliés du système » parmi lesquels de très nombreux artistes, jeunes et moins jeunes, ne restent encore une fois sur la touche. Nous l’avons rappelé aujourd’hui à la ministre de la Culture ainsi qu’à la ministre de l’Emploi.

Voici la lettre:

Madame la Ministre fédérale du Travail,
Madame la Ministre de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles. 

Notre a.s.b.l. « www.lesamisdmamere.be » soutient tous les artistes dans leurs démarches administratives et sociales pour se construire un statut d’artiste et les aide à acquérir une réputation en leur permettant de se faire connaître du public.

Nous sommes particulièrement interpellés, aujourd’hui, par le sort de celles et ceux d’entre eux que nous appelons les « oublié-es » de la sécurité sociale. Il s’agit des artistes qui travaillent « au cachet » ou « au projet », sans arriver à obtenir le statut d’artiste, ou des artistes qui facturent trop peu de prestations pour entrer dans le statut de travailleur indépendant.  

Nous imaginons bien que vous êtes ont conscientes de l’existence de cette catégorie particulière de créateurs et de travailleurs de la culture. 

Ces artistes n’ont ni un employeur pouvant faire une déclaration à l’ONEm, ni suffisamment de prestations pour émarger aux statuts légaux d’artiste (indépendant ou intermittent). Dans la situation actuelle, nous estimons qu’ils/elles sont discriminés-es par rapport à celles et ceux dont l’employeur, même occasionnel, peut déclarer un risque social auprès de l’ONEm et donner ainsi à ces travailleurs le droit de percevoir les allocations de chômage temporaire « covid19 ».

Nous estimons que cette injustice criante doit être réparée. Pour atteindre ce but, nous vous demandons d’ouvrir aussi le droit aux allocations de chômage temporaire « covid19 » à ces artistes, sur simple présentation de justificatifs témoignant de leur(s) activités(s), et de les dispenser de l’obligation de fournir une déclaration d’un employeur qu’ils/elles n’ont pas, étant donné les circonstances.

Nous vous remercions pour l’attention que vous porterez à notre requête. Nous espérons pouvoir bientôt compter sur un signal de votre part dans le sens de notre interpellation.

En attente de vous lire, veuillez agréer, Mesdames les Ministres, nos salutations respectueuses.

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Une bonne nouvelle par jour…
Aujourd’hui : LE CHARME DISCRET DE NOS SPLENDIDES SGRAFFITES 
8 avril – Diana DE CROP, Les Amis d’ma Mère

Et si on ne marchait plus en regardant droit devant ou en fixant le trottoir… Et si on levait le nez sur les façades que nous longeons avec indifférence, sur les impostes de fenêtres, les dessous de balcon, les frises sous les corniches et les baies… On  tomberait nez à nez avec un paon, une rose, un coq… Bienvenue alors dans le monde des sgraffites, un univers fascinant de lignes et de courbes claquantes comme des coups de fouet, de couleurs, de faune, de fleurs et de paysages. 

Du grec graphein -faire des entailles, et du mot italien graffiare, pour « griffer », le sgraffite est une technique de décors de façades, l’art de la décoration architecturale déjà très utilisée à la Renaissance et chez nous à l’époque Art nouveau. Aussi riche que Prague, Pise, Barcelone, Anvers ou Charleroi,  Bruxelles en est l’un des viviers. Notre bâti bruxellois regorge de ces petits bijoux. Pas seulement à Schaerbeek qui en collectionne les fleurons, comme la somptueuse Maison Cauchie et ses remarquables voisines de la rue Louis Bertrand ou celles de la chaussée de Haecht. Bien d’autres quartiers recèlent de ces petits trésors

La ligne coup de fouet

C’était au temps où Bruxelles «brusselait », où les maisons cherchaient à se distinguer de leurs voisines par le décor, où des communes organisaient des concours de façades, un temps où le langage architectural s’étendait à la conception de la maison toute entière, l’âge d’or des jeux de courbes et de contre-courbes, le sacre de la « ligne coup de fouet » en d’autres mots, le règne du sgraffite. 

En embellissant sa façade pour la rendre unique, chaque propriétaire ou son architecte visait à se démarquer de la maison voisine, ce qui donnait une foison de motifs dans une même rue mais qui toutes ensemble forment une unité harmonieuse. Des édifices publics aussi en sont décorés, des commerces et des écoles, comme la très belle école n°1 à Schaerbeek, là où les sgraffites créent un fil conducteur à travers tout le bâtiment et aussi à l’intérieur par des panneaux entiers de sgraffites, le long des murs, dans la montée des escaliers et sur les plafonds.

Un poupée et une mirette… 

Cette technique de décoration murale assez proche de celle de la fresque ou du camée consiste à graver un dessin dans un enduit à base de chaux encore frais. L’artiste trace en creux, vite, et applique ses couleurs dans la masse à partir d’une maquette ou d’un dessin à taille réelle sur un calque ou un carton qu’il veut représenter. Il  perfore de petits trous les contours du motif à l’aide d’une roulette de couturier, il fixe ce calque (le carton) sur la paroi puis reporte le dessin sur l’enduit avec une « poupée », un petit sac de gaze rempli de pigments colorés qu’il tapote sur la surface. Les pigments en poudre traversent le chiffon et les trous perforés, et le dessin apparaît alors en pointillés sur l’enduit une fois le carton enlevé.

Sur la  deuxième couche d’enduit encore fraiche, il incise  ensuite et grave à l’aide d’une mirette pour faire apparaître la couche de fond noire ou rouge. Comme en calligraphie, il trace des pleins et des déliés, et met le sgraffite en couleurs.

La rose pour l’amour et le coq pour la ponctualité

Les sgraffiteurs de l’époque ont puisé leur inspiration dans la nature,  comme la feuille de marronnier très à la mode parce que Léopold II en avait fait orner les axes importants de Bruxelles, la marguerite qui était leur fleur porte-bonheur, la rose pour l’amour, le lys pour la pureté, le paon-animal fétiche de l’art nouveau, la femme en allégorie des arts et des saisons, les métiers, les paysages et le coq qui annonçait la ponctualité et la rigueur, d’où sa présence insistante dans les préaux des écoles.  

Rarement signés, il n’est pas simple d’en identifier leurs auteurs mais les plus grands ont imposé leur patte, comme Privat Livermont, professeur de dessin à Schaerbeeck, Paul Cauchie de l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles et Gustave Strauver, le  stagiaire de Victor Horta. 

La bonne nouvelle… 

C’est qu’il existe encore à Bruxelles et en Wallonie des conservateurs-restaurateurs de sgraffites et de peintures murales. Si le métier n’est pas protégé, cette formation existe au niveau du master et une association regroupe les professionnels du secteur. Les trésors du passé sont donc entre de bonnes mains et.. rien n’empêche de remettre les sgraffites à la mode. 

Certains thèmes sont particulièrement à la mode à Bruxelles au tournant du 20e siècle. Bien qu’ici présentés 

À la fin du 19e siècle, à Bruxelles il est probable qu’on utilisait de la peinture à la caséine (protéine contenue dans le lait). Aujourd’hui, quand on restaure un sgraffite, c’est plus souvent de la peinture au silicate de potassium qui est employée. Elle est respirante, résiste aux intempéries, se pétrifie avec le support et adhère bien au support minéral (à base de chaux et de sable). Elle se distingue en outre de l’original. 

Certaines parties du motif peuvent être rehaussées à la feuille d’or ou de laiton. 

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Une bonne nouvelle par jour…
Aujourd’hui : 
UNE SECONDE JEUNESSE POUR LA CURIEUSE COLONNE FLAGEY
7 avril – Diana DE CROP, Les Amis d’ma Mère

   

Vous qui passez sans me voir… aurait pu chanter la drôle de fusée jaune canari de la place Flagey.   C’est qu’elle a mangé son pain noir cette dénommée « Longitudi 1 »,  œuvre du sculpteur allemand Bogomir Ecker. Mal aimée, salie, tagée pendant des années, la voilà qui renaît aujourd’hui propre comme un sou neuf, resplendissante. Sous le ciel bleu de Flagey, on ne voit qu’elle! Nettoyée de ses graffitis, elle élance ses 13 mètres de coques et de cônes empilés les uns sur les autres dans un équilibre tellement léger qu’on les dirait superposées de guingois, comme un totem. 

Une seconde jeunesse 

Les échafaudages enlevés, la voilà sortie de sa période de confinement comme si on la voyait pour la première fois.

Dès son inauguration en 2009, son esthétique avait  provoqué une certaine gêne, voire de l’embarras pour finir par ne plus la remarquer vraiment. Placée en bordure de la Place Flagey, du côté de l’entrée de l’école d’architecture de La Cambre, elle n’aurait pas dû se trouver là. Dans les plans de réaménagement de la Place, il avait bien été prévu d’y installer une œuvre artistique d’une certaine ampleur mais à l’angle de la place Sainte-Croix, face à l’entrée principale du café Belga. C’est après bien des palabres qu’il fut décidé de la déplacer à la demande de la Commune d’Ixelles.

Un cadeau d’anniversaire

C’est que le choix de cette œuvre d’art contemporaine n’a pas fait que des heureux à l’époque, un peu comme les fameuses Tulipes de Jeff Kotons à Paris, toutes proportions gardées et les sommes d’argent en jeu en moins… A Ixelles non plus, ni les habitants, ni la Commune n’ont eu leur mot à dire. La décision d’accepter le «cadeau » du Goethe-Institut et le choix de l’œuvre étant du ressort du Service régional Bruxelles Mobilité et de la ministre des Travaux publics. L’œuvre de Bogomir Ecker a été offerte, pour moitié (65.000 € sur un budget de 130.000) par le Goethe Institut,  pilier de la vie culturelle germanophone à Bruxelles qui célébrait ainsi ses 50 ans de présence en Belgique, et pour l’autre  par la Région bruxelloise).

Comme un grand mât devant le paquebot Flagey

Ce mât jaune de 13 mètres de haut percé de trous a été choisi pour son intégration par contraste dans la Place et pour sa forme et sa couleur en rappel à l’architecture de l’ancienne maison de la radio (INR), la bien nommée paquebot Flagey.

Ce cadeau d’anniversaire n’a pas été apprécié par beaucoup en 2009. Boudé par le public et les riverains, la Commune non plus non plus ne lui a pas fait bon accueil, d’aucun allant jusqu’à la juger «immonde».

Depuis, le temps a fait son œuvre et le drôle de grand mât s’impose sur cette place où l’Europe entière s’est donné rendez-vous. Il fait désormais bonne compagnie avec le monument à Charles De Coster du côté des étangs et le buste de Fernando Pessoa perdu dans ses pensées à côté de l’agence bancaire.

Un bel éclectisme qui pousse à la rêverie quant à la signification, la symbolique, l’utilité, la fonction et la valeur artistique des oeuvres et des monuments qui nous entourent. Et c’est heureux. Vive l’art !

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Une bonne nouvelle par jour…
Aujourd’hui : 
UN TAXI CULTUREL A TUNIS…
3 avril – Diana DE CROP, Les Amis d’ma Mère

    

Qui prend le taxi à l’étranger aime souvent «tailler une bavette» avec le chauffeur, demander conseil pour une visite, un resto, un commentaire sur le pays, les choses à voir…Si vous avez la chance de tomber sur Ahmed MZOUGI  et son « taxi culturel » à Tunis, vous ferez un belle rencontre. Avec ses 27 ans au compteur sur le grand Tunis, il s’enthousiasme sur sa vocation de taximan et plus encore pour la culture qui le passionne depuis son plus jeune âge. «J’étais un moniteur de colonie de vacances pendant mon adolescence et j’aimais déjà beaucoup organiser les activités culturelles, se souvient-il ».  

A la suite du Printemps arabe en Tunisie, la culture a commencé à s’ouvrir  au plus grand  nombre en même temps que la libération de la parole. Aussi, lorsqu’en 2016 est venue l’idée de lancer un réseau de « taxis culturels » à Tunis, comme il en existe à Alger, Ahmed Mzoughi en était l’un des initiateurs. Mais rien de concret n’avait alors pu prendre forme collectivement. C’est ce projet qu’il relance aujourd’hui en espérant qu’il sera vite rejoint par d’autres.

Des guides, des livres, une connexion internet, des conseils…

Au fil du temps, et à force d’accueillir des touristes, il s’est vite rendu compte que son taxi était plus qu’un simple moyen de transport et qu’il prenait vraiment beaucoup de plaisir à partager toutes sortes d’informations sur l’histoire, les sites à visiter, les lieux à ne pas manquer. Il s’est aussi très vite rendu compte que ses clients n’étaient pas en reste et qu’à force de converser, ils finissaient même par trouver leur temps de transport moins longs. Fort de ce constat et du plaisir qu’il y prenait, Ahmed s’est dit que même si les trajets resteraient toujours les mêmes, le « taxi culturel » pouvait offrir « un trajet pas comme les autres ». Il a donc voulu en faire un service unique, dans une voiture neuve équipée pas seulement de la clim mais truffé de guides touristiques, de livres et d’un accès à internet.

Et en cette période de confinement,  son « taxi culturel » a momentanément remisé ses  guides touristiques. Les livres ont été remplacés par le gel hydro-alcoolique et les lingettes désinfectantes et les conversations portent sur le respect des normes de prévention et d’hygiène et de sécurité. Parfois aussi des paquets de médicaments et de matériel médical remplacent les clients.

Bientôt des courts métrages de jeunes créateurs tunisiens…

Ce qui n’a pas changé, c’est l’accueil généreux d’Ahmed  et son envie d’innover. Quand la période de confinement se terminera, il s’organisera pour équiper son taxi d’écrans afin de pouvoir projeter des courts métrages tunisiens pendant les trajets. Une façon originale d’encourager les jeunes créateurs à promouvoir leurs travaux tout en distrayant ses passagers. Une façon aussi de changer l’image du taxi,  lui qui se dit convaincu qu’il est essentiel de faire sortir ce secteur de transport de son image classique.

Avec la culture en point de mire, souhaitons-lui d’aller au bout de son rêve…

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Une découverte passionnante ! Quand des guêpes maçonnes millénaires œuvrent à la sauvegarde de la culture aborigène
2 avril – Diana DE CROP, Les Amis d’ma Mère


Photos: Guêpe maçonne confectionnant un nid (Youtube-J.Gorgues) Sociétés de chasseurs, Ed. Gründ (1989)

Tout récemment en Australie, où les sites rupestres se comptent par milliers, un archéologue et des chercheurs ont mis au point une technique extraordinaire pour mieux comprendre le mystère des peintures aborigènes millénaires : la datation guêpe maçonne ! Parce qu’elles ne peuvent pas faire l’objet d’une datation au carbone 14 (méthode que les archéologues du monde entier utilisent) en raison de la nature de leurs teintures), les dater scientifiquement restait un problème.

C’est en étudiant des restes de nids de guêpes maçonnes fossilisées sur les parois des grottes qu’ils ont pu établir que ces peintures avaient, selon les différents sites étudiés,  entre 4.500 et 13 000 ans.

Une découverte déterminante pour les Aborigènes d’aujourd’hui.

Au delà d’être une innovation majeure pour étudier le passé, la « datation guêpe maçonne » est une découverte cruciale pour le combat actuel des  Aborigènes! En permettant, preuve à l’appui, de remonter dans l’histoire multimillénaire des peuples premiers d’Australie, ces peintures ont une portée politique déterminante pour les populations aborigènes qui revendiquent aujourd’hui des droits et des territoires. Face à la menace de destruction de leur culture et de leur peuple, l’art devient ici une redoutable arme identitaire.

L’art comme arme identitaire…

Depuis que les colons anglais débarqués au 18ème siècle sur leur île-continent ont désigné leur territoire Terra nullius – « terre de personne », la suite de l’histoire est connue : décimés par les maladies, massacrés, déplacés de leurs territoires ancestraux et spoliés,  ils ont vu leurs territoires réduits à peau de chagrin et leur culture « blanchie » par la volonté d’acculturation de la population blanche.

Dans les années soixante, quand les Aborigènes ont commencé à s’organiser pour revendiquer des droits et leurs territoires, l’art est devenu une arme politique, au point de s’inviter dans les tribunaux  comme des  « preuves », faisant, entre-autres, valoir leurs droits fonciers. De longues batailles juridiques s’en sont suivies où l’art et les oeuvres d’art aborigènes ont joué un rôle déterminant dans la reconnaissance de leurs droits politiques. « En 2002, des peintures aborigènes donnant à voir le lien entre le territoire et la culture ont permis la rétrocession d’un territoire de 54 000 m2 »,  expliquait  en 2017 Roberta Colombo Dougoud, commissaire de « L’effet boomerang » à Genève.

… continué par les artistes d’aujourd’hui

Passeurs du savoir de leurs ancêtres et puissamment enracinés dans leur culture ancestrale, les artistes aborigènes contemporains participent à ces combats. Une nouvelle vague menée par des plasticiens qui ont une double culture et vivent en ville continue à affirmer cette identité et à repenser l’histoire. Le monde les découvre… Des expositions phares comme celles de la Galerie Gagosian à New-York en 2019 et du Musée d’Aquitaine à Bordeaux en 2013 ont exposé les plus célèbres artistes aborigènes contemporains et fait résonner la mémoire millénaire de leur art.

N’oublions pas de rendre à César…  Au-delà de ce vaste mouvement,  n’oublions pas de saluer … ces minuscules guêpes de boue millénaires, qui sans le vouloir, leur ont auront apporté une aide incommensurable.

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Une bonne nouvelle par jour, 
… petite contribution en solidarité avec les artistes et amoureux des arts que nous sommes …
et surtout une furieuse envie de partager ce qui se fait de bien!

1 avril – Diana DE CROP, Les Amis d’ma Mère, en complicité photo avec ©ioanafrederique.westhoff

Il ne faut pas toujours parcourir les musées, les galeries ou les foires d’art pour « tomber en amour» devant une oeuvre d’art.
Il suffit parfois de regarder ailleurs et autrement… 
Comme ici, une sculpture dans un jardin, un tronc noueux pas loin le long d’une façade. Quel est le plus étonnant des deux?    

               

…. ou ici, en lisière d’avenue, un des plus beaux cheval d’acier qu’il nous est donné de voir. 

Autre surprise… le nez sur le trottoir. S’emballer pour ces bouches d’égout poétiquement nommées « regards de chaussée »

Et puis enfin, sur le chemin du retour, acheter des oeufs, ouvrir la boîte machinalement  et découvrir émerveillée la perfection et la délicatesse en quelques grammes…

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Aujourd’hui, au musée pour se soigner ! L’art qui fait du bien !
Au Québec : des médecins prescrivent des visites au Musée des Beaux-arts de Montréal.
31 mars – Diana DE CROP, Les Amis d’ma Mère – Tableau “Victor Hugo” Milan Jespers 


                                                            
Depuis le 1er novembre 2018, les membres de Médecins francophones du Canada peuvent prescrire à leurs patients des visites au Musée des Beaux-Arts de Montréal. Ces ordonnances médicales inédites sont des « prescriptions muséales » qui permettent aux patients et à leurs proches de profiter des bienfaits de l’art sur la santé dans le cadre de visites gratuites.  Une première en son genre dans le monde ! Ce projet entre le Musée des Beaux-Arts et les médecins francophones du Canada rend ainsi les visites accessibles gratuitement à des milliers de patients souffrant de divers problèmes de santé physique et mentale.

Lors de son lancement, la directrice et conservatrice du musée Nathalie Bondil résumait avec fierté ce projet-pilote visionnaire : « Je suis, disait-elle, persuadée qu’au XXIe siècle la culture sera pour la santé ce que le sport a été au XXe siècle. L’expérience culturelle contribuera à la santé et au mieux-être, comme la pratique du sport à notre forme physique. Pour les sceptiques, rappelons qu’il y a seulement cent ans, on disait que le sport déformait les corps ou menaçait la fécondité des femmes ! Les médecins prescrivent l’exercice,  ils peuvent aujourd’hui prescrire la visite au musée».

Dans ce musée de Montréal, deux étages sont consacrés depuis à l’art-thérapie. Une salle de consultation et des espaces de pratique en atelier jouxtent les salles d’exposition . Divers programmes d’art-thérapie y sont pratiqués: des ateliers de création qui visent à briser l’isolement d’adolescents et de jeunes adultes souffrant de dysphasie, de surdité ou de troubles auditifs, et aussi des partenariats avec des organismes de santé et de recherche scientifique dans les secteurs de la cardiologie, de l’autisme, des problèmes post-traumatique ou encore des troubles alimentaires.

Si ce projet bien spécifique au Québec est totalement novateur, la pratique de l’art-thérapie, elle, ne l’est pas.  Pour l’anecdote, certains mentionnent le nom du marquis de Sade comme précurseur de la méthode parce qu’il organisait des spectacles avec des aliénés qui attiraient le Tout-Paris. Plus sérieusement, d’autres en attribuent la découverte à un peintre anglais tuberculeux qui durant sa convalescence au sanatorium s’était lancé dans «une flânerie sur papier» ce qui, à la surprise de ses médecins, accéléra son rétablissement. S’en suivit la Croix-Rouge britannique qui s’en inspira et utilisa cette approche avec ses patients, puis au début des années cinquante arrivent les premiers programmes de formation en art-thérapie.

En Belgique, reconnue officiellement  par la communauté scientifique dans les années quatre-vingt, elle s’est progressivement développée dans les hôpitaux, les consultations psy pour enfants et les institutions pour personnes âgées.

Y a pas photo comme on dit, l’art procure du plaisir et…améliore la qualité de la vie ! Qui en doutait encore?!

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« Mesdames les Ministres, n’oubliez pas les artistes… »

Lettre ouverte à la Ministre fédérale de l’Emploi et à la Ministre de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles
27 mars – Diana DE CROP et Roland DEWULF, Les Amis d’ma Mère


©lesamisdmamere.be

Le coronavirus rend la société malade. L’économie va et ira mal. Nous le savons tous. Il faudra des moyens financiers, beaucoup de moyens, pour relancer la machine ! 
Aujourd’hui, la société soigne ses malades, c’est la priorité absolue. Avec un personnel soignant extraordinaire. Nos sociétés survivent grâce à eux, grâce aussi aux éboueurs, caissières, transporteurs, agriculteurs, et d’autres qui n’arrêtent pas leur travail.

À côté de ces personnes absolument indispensables, il y en a d’autres qui ne le sont pas moins : LES ARTISTES. Beaucoup de nos artistes embellissent le quotidien et maintiennent le moral de la population avec une quantité impressionnante de prestations gratuites sur la Toile. Sans revenus et précarisés pour la plupart d’entre eux, ils font montre d’une imagination débordante pour nous permettre de passer des jours moins sombres.

Du côté des responsables politiques, milieux économiques et financiers, c’est l’union sacrée pour faire fonctionner l’économie avec un grand E.  En quelques clics, des États, l’Europe, Trump & Cnie trouvent des milliards d’euros et de dollars pour rassurer les banquiers, les actionnaires de la globalisation et les bourses.  Alors que quelque 30 ans d’actions et de manifestations syndicales et citoyennes n’ont pas réussi à faire sauter le verrou des politiques d’austérité, le virus, lui, fait valser en quelques jours le corset budgétaire européen. Et c’est tant mieux si l’Europe desserre l’étau de l’austérité et relance son économie, il était temps !  

Mais… dans ces mesures annoncées, nous ne voyons rien qui puisse venir en aide aux artistes. Et au-delà de leur sort personnel, pas un kopeck n’est annoncé pour redonner un avenir aux politiques culturelles. Hé là, rien à l’horizon. Rien, pas un mot, pas un chiffre, pas une la moindre annonce pour rassurer nos créatrices et créateurs, celles et ceux qui « éclairent » et enchantent notre vie, nos sociétés, leur donnent du sens, de la profondeur, du cœur. Nous leur devons tant à eux aussi.  

Avec eux, « Les Amis d’ma mère » vous lancent ce cri du cœur et de la raison :  n’oubliez pas l’art et les artistes lorsque vous déciderez de mesures pour relancer l’économie après la catastrophe du coronavirus.

Ne les oubliez pas, et parmi eux, particulièrement celles et ceux  qui « bénéficient » (mot si peu adéquat !) du « statut d’artiste », se battent pour le garder ou se démènent pour l’obtenir.

Ces artistes ne pourront attester d’aucune activité professionnelle, ni d’aucune recherche de contrats pendant ces semaines de confinement, voire les mois qui suivront. Ne les privez pas de leur droit légitime au revenu de remplacement ! Comme toutes les autres personnes qui travaillent, ils/elles doivent avoir droit à leur part de l’aide financière que vous allez mettre en œuvre. Desserrez le corset dans lequel ce statut improbable les confine. Ne les laissez pas au bord de la route au prétexte qu’ils sont… artistes. Aujourd’hui plus que jamais.

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A MOSSOUL, L’ART SYMBOLE DE LA PAIX ET DE LA LIBERTÉ
25 mars-Diana DE CROP, Les Amis d’ma Mère

Je m’en remets aujourd’hui à cette information réjouissante ramenée de Mossoul par Chrystophe Lamfalussy de la Libre Belgique (21-22.3.20).

Il reprend en titre de son info le cri du cœur de la jeune artiste Tamara Muntazar faisant le V de la victoire debout sur un échafaudage, le pinceau à la main qui lance « Le  futur va devenir beau. La couleur apporte de l’énergie ! ».

Son grand-père était un poète célèbre, son père un acteur, elle est actrice et peintre. Tous ont été pourchassés par l’Etat islamique qui haïssait les artistes. 

Aujourd’hui elle pose joyeusement devant son œuvre.  Sur les murs de l’université de Mossoul, avec d’autres étudiants des Beaux-Arts, elle s’est attachée durant plusieurs jours à peindre une grande fresque murale représentant l’histoire de la ville de Mossoul.

Tamara y a peint une bibliothèque qui avait été détruite par Daech.

Son sourire, son assurance, la joie de son geste artistique et de celui de ses condisciples nous font prendre toute la mesure de ce symbole de   liberté avec un grand L et d’espoir dans la beauté de la vie. L’art dans ce qu’il a de plus fort.

Cette initiative, relate Christophe Lampalussy, a été soutenue par ARTIVISTA, une ONG française dont le but est de créer des passerelles entre artistes du street art. Réjouissant !

Plus d’info :  https://artivista.fr/en-irak/  

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PLUS D’ARTISTES FEMMES DANS LE METRO BRUXELLOIS
24 mars-Diana DE CROP, Les Amis d’ma Mère 


Dyades-Françoise Scheins ©stib-mivb.be

D’accord, on n’en est qu’au début…mais si l’on en croit BRUXELLES MOBILITE, une 6ème artiste rejoindra l’an prochain  les artistes Berlinde De Bruyckere, Monica Droste, Françoise Schein et Elisabeth Barmarin dans les stations du métro bruxellois :  Sarah Vanagt sera « la » sixième femme.  Bruxelloise et vidéaste de formation, elle y développera à la station Osseghem un projet poétique, intemporel et ludique »

C’est qu’aujourd’hui, sur les 91 œuvres d’art exposées dans le réseau de métro,- la plus grande galerie souterraine de Bruxelles-,  et pré-métro bruxellois (*), seules cinq ont été réalisées par des femmes. D’aucuns expliquent cette « faible » (assez lamentable, pour d’autres) représentation des femmes artistes  par l’ancienneté du réseau, et parce qu’au moment du développement des lignes et de l’embellissement des stations, les artistes belges considérés comme reconnus étaient majoritairement des hommes.

Eux mais pas elles …

Pas un peu léger comme explication ?  La première ligne de métro à Bruxelles ne remonte quand même pas à Mathusalem,  elle a été inaugurée en 1976 et celle du pré-métro 7 ans plus tôt.  Donc, sans même remonter au XIX où les artistes femmes belges s’illustraient déjà dans la peinture, la sculpture, la gravure et les arts décoratifs (*) mais pour la plupart à l’ombre et privées de reconnaissance comme de postérité, osons relever qu’au lendemain de mai 68 (au moment de la première ligne pré-métro), des artistes comme par exemple Mig Quinet et Anne Bonnet au sein de la Jeune Peinture belge, jouissaient d’une belle notoriété aux côtés de Somville, d’Alechensky et de Delahaut. Eux ils y sont dans le métro.

Au-delà de la perplexité, on peut aussi se mettre à rêver en imaginant ce que seraient nos stations de métro familières embellies par Evelyne Axell, figure majeure du pop art en Belgique, Ann Veronica Janssens et ses installations de lumières et de brouillards artificiels, Marthe Wery avec ses grands ensembles monochromes, Joëlle Tuerlinckx qui étire le temps et les formes avec la lumière et la couleur, pour ne citer qu’elles. Rêver et espérer aussi puisqu’on annonce les nouvelles stations du futur métro Nord…

En sous-sol et en surface…

 Il aura fallu l’indignation d’une députée bruxelloise, Ingrid Parmentier, qualifiant cette situation d’assez lamentable pour servir d’aiguillon.  Soyons positifs et saluons cette initiative prise il y a quelques jours par BRUXELLES MOBILITE à l’occasion de la Journée des Droits des Femmes pour renverser la tendance et développer de nouveaux projets en portant une attention accrue à faire concourir le maximum de femmes artistes.

Autre bonne nouvelle,  BRUXELLES MOBILITE s’engage à poursuivre l’acquisition de nouvelles oeuvres dans le cadre du projet de rénovation des stations Gare Centrale. Trois créations seront installées et  une attention particulière sera portée aux créatrices belges de renommée internationale.

On avance, on avance… En souhaitant pour l’avenir beaucoup d’étapes de ce genre, pas seulement en sous-sol mais aussi en surface et dans les espaces public.

En attendant, ne manquez pas ces 5 stations:

Simonis, « Four Sizes available see over » (2007), la composition murale en carreaux de ciment multicolore de Berline De BRUYCKERE.

Tomberg, « Mouvements-Bewegingen » (1998) de Monica DROSTE

Parvis de St Gilles, «Dyade » (1993)  l’œuvre monumentale sur les questions de frontières et des droits humains de Françoise SCHEIN.

Roi Baudoin, « Roi Baudoin » (1998), de Elisabeth BARMARIN

Et à Madou,  dans le cadre d’un projet temporaire, “Portraits de Femmes” de Nora THEYS.

Et soyons de bon compte, les 96 autres stations !  A voir sur: 

(1) Voir « La plus grande galerie d’art souterraine de Bruxelles – site de la STIB
(2) Sans doute la STIB s’est-elle s’est elle arrêtée à 1892, année où fut conçue… l’idée du premier projet de métro, pas sa réalisation ?!
(3)  Les Femmes artistes-Les peintresses en Belgique (1880-1914). Catalogue et exposition Musée Félicien Rops (Namur), 2016-2017.

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La bonne nouvelle est dans la nature…
22 mars 2020 – par Diana De Crop (Les Amis d’ma Mère)

Aujourd’hui la bonne nouvelle est dans la nature… Tout un art!  Vous la voyez cette petite tache noir dans les branches de ce magnifique cerisier en fleurs, hôte des jardins de l’Abbaye de la Cambre? Regardez bien… C’est une abeille, et elle n’était pas seule, elles se faisaient compagnie par dizaines, croisons les doigts pour qu’elles soient annonciatrices d’une retour en masse des abeilles disparues…
J’aime à imaginer que Van Gogh aurait adoré immortaliser cet instant, lui qui il y a 130 ans en février, a peint ces branches de cerisier pour un autre printemps, celui de la venue au monde de son neveu, le fils de son frère Théo. Voilà où nous mène une petite abeille, c’est pas joli ça ?!
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Une commémoration qui a du bon… Ou comment s’attaquer à la disproportion flagrante Hommes- Femmes dans les collections des musées ? 
20 mars 2020 – par Diana De Crop (Les Amis d’ma Mère)

Artemisia Gentileschi (1638-1639) Autoportrait en Allégorie de la peinture. Royal Collection Windsor

Pour commémorer les 100 ans de l’adoption du 19è amendement de la Constitution qui garantit le droit de vote des femmes aux Etats-Unis, le Baltimore Museum of Art (BMA) dans le Maryland achètera en 2020 … uniquement des œuvres de femmes ! Il y consacrera près de 2,5 millions de dollars. Il entend aussi réaménager plusieurs de ses galeries pour mieux mettre en valeur la parité et il envisage d’organiser une vingtaine d’expositions les mettant à l’honneur. Bien entendu , le musée continuera à accepter les œuvres d’hommes, mais sous forme de dons.  

Il faut dire qu’on vient de loin, sur les quelque 95.000 pièces de collection figurant dans le musée, moins de 5 % seulement sont attribuées à des artistes femmes. Son directeur Christopher Bedford n’a pas manqué de relever le piquant de cette distorsion : le  BAM a en effet été largement créé par des femmes ! C’est grâce aux sœurs  Claribel et Etta Cone – des collectionneuses de Baltimore, amies de Gertrude Stein – et à leur amitié avec Henri Matisse que le musée abrite aujourd’hui la plus grande collection publique d’oeuvres de Matisse au monde.

Aux USA, d’après des enquêtes (*) qui ont analysé les catalogues de plusieurs grands musées américains, moins de deux artistes représentés sur dix sont des femmes. La proportion d’oeuvres acquises ces dix dernières années par 26 grands musées américains est tout aussi parlante, 11% seulement.

Il n’y a pas qu’au Baltimore Museum of Art ou en Amérique qu’on observe cette disproportion flagrante dans les collections des musées. Elle est partout dans le monde cette discrimination, à la fois consciente et inconsciente, vieille de plusieurs siècles, à des degrés divers et à quelques exceptions près. Pour quelques Louise Vigée Le Brun, Sonia Delaunay,  Frida Kahlo, Louise Bourgeois, Mary Cassat, Berthe, Morisot ou Camille Claudel,… combien d’invisibles encore à exhumer !

Mais ça commence à bouger. Des efforts sont menés pour réhabiliter la création féminine et pour rectifier le déséquilibre dans le monde des arts et des musées. Depuis une dizaine d’année, les rétrospectives des grandes artistes modernes se multiplient après avoir été longtemps ignorées.  Pour ne parler que de la Belgique, citons en 2018 au Musée Rops à Namur « Femmes artistes. Les peintresses en Belgique » et Gand qui avec « Les dames du Baroques » a mis en lumière Sofonista Anguissol, Artemisia Gentileschi et 6 autres grandes femmes peintre dans l’Italie du XVI et du XVII.  Ou encore tout dernièrement la Belfius Art Gallery qui avec « Women-Underexposed » rendait hommage à la force et à la persévérance des femmes en tant qu’artistes.  Et en ce moment en France au Musée Soulages à Rodez «Femmes années 50. Au fil de l’abstraction, peinture et sculpture », où l’abstraction se décline au féminin. Son directeur et commissaire d’exposition Benoît Decron en résume bien l’intention, permettre d’exhumer des artistes femmes qui ont eu leur part de succès dans les années 1950 et qui, depuis, ont perdu toute visibilité. 

Espérons que ce geste du Baltimore Museum of Art fera boule de neige, et que partout ailleurs une prise de conscience s’opèrera pour une meilleure représentation des artistes, autant en matière de genre que d’origine ethnique. Un mouvement aussi salutaire que nécessaire. Aussi pour notre plus grand plaisir à tous…

(*) Etude publiée en 2019  qui analyse dans la revue scientifique Plos-On les catalogues de 18 musées américains majeurs qui montre que 87% des artistes qui y figurent sont des hommes. Enquêtes de la compagnie Artnet et du podcast In Other Words qui portent sur les années 2008 à 2018 et qui calculent que sur les 260.470 œuvres acquises par 26 grands musées américains, 29.247 seulement étaient produites par des femmes, soit 11% ! Autres sources : Sources : La Libre Belgique,, Le Figaro, Le Journal des Arts, L’œil.  

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Restitution d’oeuvres spoliées durant la guerre par les Nazis, loin d’être simple mais parfois ça marche ! 
19 mars 2020 – par Diana De Crop (Les Amis d’ma Mère)

©Mémorial de la Shoah.Coll.Bundesarchiv

Ohhh de la porcelaine, me direz vous…

Oui mais … voilà une histoire qui en dit long sur la difficile question de la restitution !  Ce succès est le fruit d’une longue enquête des généalogistes de France  et du ministère de la Culture  dont le travail est de rechercher les ayants droit vivants des propriétaires identifiés d’œuvres d’art récupérées après la Seconde Guerre mondiale. Un sacré boulot  quand on sait que quelque 2 000 œuvres environ ont été récupérées en Allemagne à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Lors d’une visite de musée, vous avez peut-être déjà eu l’attention attirée par un tableau mentionné comme MNR (Musées nationaux Récupération), le sigle qui désigne des œuvres qui ont été retrouvées en Allemagne à la fin de la Seconde guerre mondiale (après avoir été en grande partie spoliées à des Juifs) ramenées en France et confiées à la garde des musées nationaux dans l’attente de leur restitution à leurs propriétaires ou à leurs ayants droit. L’État a le devoir moral de les conserver tant que leur propriétaire n’a pas été identifié.

 Le hic c’est que les processus de restitution sont extrêmement lents et compliqués. Pas facile 75 ans après la guerre d’exhumer les traces et les preuves demandées d’autant que les noms des tableaux ont parfois été consignés sous des noms différents. Le chemin de la restitutions s’apparente parfois à la recherche du Graal et peuvent donner lieu à des procès comme celui qui oppose aujourd’hui  les héritiers  de René Gimpel,- un des plus grands collectionneurs français mort en déportation -, au Tribunal correctionnel de Paris, pour récupérer des oeuvres d’André Derain (aujourd’hui exposées au musée Cantini à Marseille et au musée d’Art moderne de Troyes).

http://www.leparisien.fr/culture-loisirs/restitution-d-oeuvres-spoliees-par-les-nazis-la-france-a-du-mal-a-assumer-son-passe-15-04-2019-8053389.php

Peut-être vous souvenez vous, – grâce au film « La femme au tableau-, du long combat judiciaire de Maria Altmann avec les autorités autrichiennes pour récupérer la collection de son oncle, dont le célèbre portrait d’Adèle Bloch Bauer peint par Gustave Klimt Elle a finit par le récupérer et le vendre pour 135 millions de dollars à la famille Lauder qui l’expose depuis à la Neue Galerie à New York. https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Femme_au_tableau

Pour ceux, comme moi, que ces histoires passionnent, ne manquez pas lorsque vous irez au Musée du Jeu de Paume à Paris de saluer en pensée Rose Valant.  C’est l’une des Françaises les plus décorées de France, et pour cause ! Grâce à elle (elle était attachée  de conservation dans ce musée où Goering venait faire son marché), plusieurs milliers d’oeuvres d’art pillées par les Allemands ont pu revenir en France et chez leurs propriétaires.

Cate Blanchet l’a immortalisée dans  Monuments Men de George Clooney.https://fr.wikipedia.org/wiki/Monuments_Men

Une très belle BD aussi : https://www.dupuis.com/rose-valland-capitaine-beaux-arts/bd/rose-valland-capitaine-beaux-arts-rose-valland-capitaine-beaux-arts/19644

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Concert à la maison, les trésors du Berliner Philharmoniker
18 mars 2020 – par Diana De Crop (Les Amis d’ma Mère)

Le « cadeau » du Berliner Philharmoniker qui offre d’écouter gratuitement les concerts enregistrés sur sa plate-forme. Ne vous en privez pas, et si vous cherchez une bonne raison d’essayer, choisissez le très beau 3ème Concerto pour piano de Prokofiev par Kirill Petrenko et Yuja Wang (piano). C’est 36 minutes de bonheur!     

Comment faire ?
Aller sur: https://www.digitalconcerthall.com/en/concerts
Enregistrez vous sur la page d’accueil avant le 31 mars pour obtenir votre accès gratuit.  clic sur REDEEM VOUCHER + clic sur REGISTER NOW

Remplir  + confirmer son adresse mail (par le mail  qui vous aura été envoyé) 

Aller sur CONCERT – DIGITAL CONCERT HALL

Choisir dans les archives par nom de « conductor », ou d’«auteur » ou de “soliste » (ici Yuja Wang) et regarder sur son pc (ou via le pc relié à la télé par câble. 

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Artistes en quarantaine : à soutenir aujourd’hui et… demain ! 
17 mars 2020 – par Diana De Crop (Les Amis d’ma Mère)

Au milieu d’initiatives bien sympas pour supporter le report des concerts, expos, spectacles,  il y a depuis quelques heures  “Culture quarantaine », une plateforme bruxelloise qui propose aux artistes d’y poster leurs créations et qui les rend accessible au public, tout en permettant aux « spectateurs » de soutenir le milieu culturel.

D’un côté les artistes : ils postent une vidéo ou un live sur leur page Facebook en taguant “Culture quarantaine” sur le post. En fonction des contenus, la plateforme partagera l’annonce sur la page Facebook “Culture quarantaine”.

De l’autre, le public : concerts, spectacles, expositions, présentations d’œuvres cinématographiques, littéraires, lectures, performances… A suivre de chez soi en solo ou en famille. Et à la manière du chapeau comme ça se pratique encore dans le milieu du spectacle vivant, nous pouvons envoyer une contribution financière aux artistes.

Une initiative à soutenir évidemment ! Tout en n’oubliant pas que pour les artistes, surtout pour les plus jeunes d’entre eux, rien ne remplacera, – en temps normal-, et aujourd’hui plus que jamais des conditions de rémunérations décentes, à commencer par un statut d’artiste accessible et digne de ce nom !

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C’est l’histoire d’un p’tit cardigan et d’une Fondation d’art… 
La Fab d’Agnès B.,  nouvelle Fondation pour l’art contemporain 
16 mars 2020-Diana DE CROP-Les Amis d’ma Mère

Même si l’on pense tout d’suite à son cardigan-pression et ses p’tits pulls rayés, AGNES B n’est pas qu’une marque de prêt-à-porter distribuée dans près de 300 boutiques à travers le monde. C’est surtout une femme, -de son vrai nom Agnès Troublé-, passionnée d’art contemporain, collectionneuse dans l’âme, galeriste et mécène qui a constitué au fil des ans une collection de quelque 5 000 œuvres (art contemporain, photographies, cinéma, peinture, street art, sculptures). Elle aime aussi faire découvrir de jeunes artistes et n’a de cesse de les promouvoir. 

Dans l’univers de la mode, Agnès B. est à part  car « sa vraie nature », c’est l’art. Et partageuse avec ça, puisqu’elle a souhaité que le public puisse y avoir accès. 

Il y a quelques années déjà elle avait créé un fond de dotation pour structurer ses actions de mécénat et de philanthropie en soutien aux artistes prometteurs.  La Fab. abrite qui abrite désormais sa collection  et qui accueillera des exposition temporaires gratuites se niche dans le 13e arrondissement de Paris,  place Jean-Michel Basquiat.  

Moi la prochaine fois que j’irai à Paris, j’irai y jeter un coup d’œil. Et je porterai mon p’tit pull rayé avec encore plus de plaisir ! 

“Van Eyck.Une révolution optique”
14 mars 2020 – par Diana De Crop (Les Amis d’ma Mère)

Bien qu’on ne puisse plus courir à Gand (du moins jusqu’au 3 avril) pour se pâmer devant l’exceptionnelle expo “Van Eyck.Une révolution optique”  https://vaneyck2020.be/fr/
nous pouvons en un clic et à loisir https://www.vrt.be/vrtnws/fr/2017/10/30/la_nouvelle_versiondeclosertovaneyckestlancee-1-3090498/  admirer presqu’à la loupe chaque partie du retable de l’Agneau mystique, avec une précision incroyable, avant, pendant et après restauration.Cette appli Closer to Van Eyck qui permet de les admirer avec des des images en haute résolution, infra-rouge et réflectographie est bluffante!
On la doit à notre Institut Royal du Patrimoine Artistique-IRPA) cocorico ! avec quand même un sacré coup d’pouce de la Getty Foundation qui a déboursé 172.000 € pour étudier l’Agneau mystique https://www.rtbf.be/culture/arts/detail_la-fondation-getty-degage-172-000-euros-pour-etudier-l-agneau-mystique?id=7762281  

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(c)lesamisdmamere.be

SUITCASE et START: les deux projets phare d’ARTIST PROJECT

Accompagnement et formations pour les artistes en soutien de leur parcours professionnel

Être artiste, c’est une vocation, mais aussi un métier. Faire rimer passion et profession n’est pas toujours évident. Se professionnaliser en tant qu’artiste ne va pas de soi. Dans les domaines des arts de la scène, des arts plastiques, du spectacle vivant ou de la musique, lancer son projet artistique tout en construisant son parcours professionnel s’avère un sacré boulot, même parfois un parcours du combattant ! Bénéficier de soutien et de conseils et se doter de moyens au bon moment pour les mener à bien n’est pas du luxe. 

Répondre à des appels à projet, décrocher des contrats, monter des dossiers de financement, construire sa communication,… ça s’apprend.

Être bien au fait des questions qui touchent au statut d’artiste, à la fiscalité, aux types de rémunération, aux droits d’auteur et de propriété…, aussi ! Autant de domaines où beaucoup d’artistes se confrontent souvent seuls aux aspects pratico-pratiques et se sentent démunis face à la complexité de l’information.

Grâce à son projet d’accompagnement individualisé – le bien nommé SUITCASE – et START, sa formation de base, la plateforme Artist Project est pour tous ceux-là une formidable opportunité !

Depuis plus de 10 ans Artist Project est au service des artistes via ses missions d’accompagnement, de formation et d’information.  

En cette année 2019, Artist Project s’est renouvelé et recentre ses sessions d’accompagnement. Par le développement de SUITCASE, ce tout nouveau programme d’accompagnement basé sur l’appel à projet, tous secteurs artistiques confondus, à raison de 3 appels par an (février, avril et novembre), il permet gratuitement à une quinzaine d’artistes (soit une cinquantaine par année) d’être  accompagné sur une période de 6 à 12 mois.

SUITCASE : pour construire son projet artistique et assurer sa viabilité

Le point fort de l’équipe d’Artist Project est l’expérience et la pratique du terrain. Les collaborateurs et collaboratrices ont eux-mêmes, en plus de leur mission auprès des artistes, un pied dans le secteur dont ils ont la charge, comme chorégraphe, danseur, réalisatrice, metteur en scène, chargée de production, musicien, comédien, …  Cette proximité permanente avec l’activité artistique renforce l’expertise et l’écoute qu’ils mettent à la disposition des artistes. 

A Artist Project, un avocat spécialisé dans le droit de l’art exerce également comme consultant mais seulement dans le cadre de l’accompagnement SUITCASE, il ne s’agit donc aucunement d’une  permanence juridique (c’est important à préciser). 

Des formations pointues pour renforcer l’accompagnement 

Au-delà des particularités propres à chaque artiste et à chaque discipline, il y a « les nœuds communs » propres à tous et à toutes dans le monde de l’art. Les différents modules de formation conçus par Artist Project ont pour but de rassembler ces questions afin d’aider tous les artistes, de façon pratico-pratique, à structurer leurs démarches et de les rendre autonomes en tant que porteurs de projet. 

Plusieurs thèmes y sont travaillés avec les participant.e.s :

– La singularité de l’artiste, sa situation propre, le socle autour duquel se construire : avoir les bons outils et connaître les bonnes démarches pour faire ses choix, se positionner en fonction de son travail et apprendre à le formuler, définir ses besoins avec précision, constituer et soumettre un dossier, postuler un prix ou une résidence d’artiste, être proactif, établir la chronologie de son projet, planifier ses démarches, introduire des demandes de bourses, de subsides, trouver des financements, répondre à un appel à projet, trouver la bonne commission de la Communauté française dont on dépend… Cette formation permet d’y faire face: axée sur la méthode à suivre pour la constitution de dossiers, elle vise à rendre l’artiste autonome et opérationnel pour réussir son projet. « Car pour les artistes, et pas seulement les jeunes, souligne Aline Defour, formatrice et accompagnatrice à Artist Project, le plus compliqué est souvent d’aller au-delà de l’étape du mail, du “j’ai lu votre dossier”. Il faut commencer par là, apprendre comment construire un dossier attrayant, se construire un réseau, solliciter des rendez-vous, s’exprimer de façon convaincante sur son projet, avoir une production suffisamment claire, savoir la présenter…  Il faut aussi travailler sur toutes les questions inhérentes au budget, aux besoins en termes de matériel, à toute une série de questions auxquelles ils n’avaient pas pensé. »

– L’administratif et le juridique, le cadre légal du projet artistique : comment travailler en tant qu’artiste et assurer sa viabilité professionnelle, quel statut choisir, quel type de protection sociale ? Quid aussi de la facturation, des questions fiscales et de la protection des œuvres (droits intellectuels, droits d’auteur, droit à l’image) ? Sans oublier les questions qui touchent aux a.s.b.l. dans le secteur artistique,….

– La communication de l’artiste pour développer sa visibilité : comment se présenter et montrer son travail, s’auto promouvoir, constituer son book, se positionner dans un réseau, créer le sien ou encore émerger dans l’immédiateté numérique actuelle ? Les divers aspects de la communication sont abordés par un spécialiste en la matière.

Précision importante : c’est Artist Project qui est évalué pour son travail avec les artistes, et en aucun cas les artistes eux-mêmes !


📌Intéressé.e par cet accompagnement ? Comment procéder ?
Inscrivez-vous et envoyez votre dossier à artistproject@iles.be pour le 30 novembre au plus tard. Mentionnez en quelques lignes votre motivation, votre projet (sortir un album, monter une expo ou un spectacle, écrire un scénario, ou tout autre projet artistique,…). Exprimez-y clairement vos besoins. Décrivez aussi précisément que possible votre univers artistique, votre vision sur le projet que vous voulez développer.Bon à savoir : la sélection des projets porte moins sur l’appréciation artistique en tant que telle que sur la démarche et les moyens et besoins inhérents à sa mise en œuvre, au regard de ce qu’Artist Project pourra apporter à l’artiste en terme d’accompagnement pour l’aider à réussir son projet.Cette première étape franchie, un échange entre l’équipe et l’artiste permettra de calibrer le processus d’accompagnement.
Durée de l’accompagnement : 6 à 12 mois.
Conditions pour introduire un projet :
Pas de limite d’âge.
Résider dans la région de Bruxelles-Capitale. 
Avoir déjà, si minime soit-elle, une première expérience professionnelle, ne pas être tout juste sorti de l’école.
Être déterminé à se professionnaliser en tant qu’artiste.
Être inscrit comme demandeur d’emploi chez Actiris, et si ce n’est pas le cas, s’inscrire:  http://www.actiris.be/ce/tabid/775/language/fr-BE/Comment-m-inscrire-.aspx
Contact Center au 0800 35 123, du lundi au vendredi de 8h30 à 12h30 et de 13h30 à 16h30.

Les formations courtes d’Artist Project 

Le programme START : une semaine pour y voir clair dans son projet artistique. La session d’octobre affiche déjà complet. La prochaine aura lieu en février-mars 2020. Elle s’adresse aux praticiens de de toutes les disciplines artistiques (arts de la scène, visuels, arts du cirque, audiovisuel et musique). 
http://www.iles.be/artistproject-start/
Le programme START aide les artistes à clarifier leurs ressources et leur cadre de travail, à se doter d’outils pour mettre un projet en œuvre et définir un plan d’action. 

📌 Le programme START

Session d’octobre 2019 (complet)
La prochaine? En février-mars 2020 (9h30-16h). Voir calendrier sur le site d’Artist Project
Gratuit pour les demandeurs d’emploi résidant dans la région de Bruxelles-Capitale et inscrits chez Actiris.
Infos et inscriptions via le formulaire en ligne : un bref CV et quelques lignes sur vos besoins à artistproject@iles.be 
Programme de l’année disponible sur le site http://www.iles.be

Artist Project vient de sortir la 4e édition de son guide Ah comme artiste qui fournit une information neutre et claire à propos de quatre sujets incontournables : le statut d’artiste, travailler en tant qu’artiste, l’a.s.b.l. et le droit d’auteur. Il est offert gratuitement à l’accueil de La Lustrerie (153 rue des Palais à Schaerbeek – tous les jours 8h30-12h et 13-17h)

Artist Project / Iles a.s.b.l.
La Lustrerie
rue des Palais 153
1030 Schaerbeek
Infos : 02/244 44 80
Site Internet : http://www.iles.be

Si vous éprouvez des difficultés à rédiger votre dossier, l’a.s.b.l. Les Amis d’ma Mère peut peut-être vous aider.

Contacter diana.decrop@lesamisdmamere.be
Plus d’infos sur notre a.s.b.l qui vient en soutien aux artistes : https://www.lesamisdmamere.be

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Master class “statut d’artiste et droit d’auteur” du 27 mars dans le cadre du festival Millenium

Retrouvez le compte-rendu intégral dans notre rubrique VOS DROITS et aussi sur MASTERCLASS EN LIGNE sur le site officiel du Festival Millénium. 

Très beau succès pour notre master class organisée au Ciné Galeries- Bruxelles ce 27 mars dans le cadre du Festival du Film documentaire Millenium, et dont l’objectif était de répondre aux multiples préoccupations en matière de statut d’artiste de droits d’auteur (et le côté invisible de l’exploitation des oeuvres artistiques sur internet).

Près d’une centaine de documentaristes, réalisateurs et réalisatrices,  jeunes professionnels et étudiant.e.s, auteur.trice.s se sont retrouvés pour cette rencontre animée par Jean-Jacques Jespers.

MERCI à Paola STEVENNE (présidente du Comité belge de la Scam) et Renaud MAES (professeur de Sciences sociales et du Travail-ULB) ;  à Sophie MARCHAL (juriste spécialisée en propriété intellectuelle-Scam), à Romain LELOUP (avocat spécialisé dans la défense des artistes) et François Stassens (responsable  du secteur audiovisuel sabam).

Les comptes rendus de cette rencontre seront disponibles d’ici peu dans notre rubrique “Vos droits”. 
Merci à Miguel Bueno pour les photos ! ©MiguelBueno

 

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Master Class du 27 mars 2019: Le statut d’artiste et les droits d’auteur

Les créateurs audiovisuels : exploités ou nantis?

La Master class est organisée par “Les amis d’ma mère” dans le cadre du festival Milénium 2019.

Où ? Cinéma Galeries, Galerie de la Reine, 26 à 1000 Bruxelles.
Quand ? le 27 mars 2019 de 16:00 à 18:30
Entrée gratuite. 
Réservation souhaitée: diana.decrop@lesamisdmamere.be

L’objectif de cette master class est de rencontrer deux préoccupations majeures en termes d’information-formation pour les jeunes professionnels et étudiant.e.s documentaristes, réalisateurs et réalisatrices, cinéma d’animation,…

1. Le statut et les droits des artistes de l’audiovisuel en Belgique. Quelles particularités et conditions de travail liées à ce statut ? Quelles conséquences en terme de contrats, de rémunérations et de la précarité qui en découle 
Avec Paola Stevenne (directrice de la Scam), Renaud Maes (professeur sciences sociales et du travail ULB), Sophie Marchal (juriste, spécialiste de la défense des artistes devant l’ONEm).

2. Le droit d’auteur et le côté invisible de l’exploitation des oeuvres artistiques sur internet, toutes les questions de droit d’auteur et du système des algorithmes à l’ère d’internet, Youtube, etc…
Avec François Stassens (responsable du secteur audiovisuel de la SABAM).

Présentation et animation : Jean-Jacques Jespers (professeur ULB)

Y aller : Métro: Lignes 1 & 3 & 4 & 5 : Gare Centrale & De Brouckère
Bus: 29 – 38 – 63 – 66 – 71 : Arrêt Arenberg –  Train: Central Station

ARTopenKUNST

 

https://www.bruxelles.be/exposition-carte-de-visite-artopenkunst

Parmi les quelque 300 artistes qui partageront leurs univers à l’Exposition collective d’artistes bruxellois ce weekend des 8,9 et 10 février à Bruxelles, les Amis d’ma Mère partagent leur coup de cœur pour le photographe Alain Dewez. 

photo Alain Dewez

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Découvrez-le à l’Espace Vanderborgt

Toute une vie dédiée à la photographie…  Né à Ludenscheïd (RFA) en 1956, Alain Dewez a d’abord travaillé comme documentaliste photo pour exercer ensuite ses talents de photographe de presse pendant plus de vingt ans au journal Le Soir. Depuis 2014, ses photos sont sorties du champ de l’actualité immédiate. Sa  passion le porte désormais à capter  de façon sensible et différente des lieux et des endroits de notre patrimoine où bat le cœur des hommes et des femme, où ils  vivent, circulent et travaillent.

08/02 // Vernissage 18:00 > 22:00
O9/02 // Exposition 11:00 > 19:00
10/02 // Exposition 11:00 > 18:00 – Remise des prix 17:00
Entrée libre
Espace Vanderborght, Rue de l’Ecuyer 50 – 1000 Bruxelles

 

CONFÉRENCE du 14.11.2018 de 18:30 à 20:30 – “ÉMERGER EN ART”

L’entrée est gratuite.

Où ? à l’Atelier Marcel Hastir (51 rue du Commerce, Bruxelles. (Métro Trône ou Art/loi).

Introduction générale par Jean-Jacques Jespers,

Comment assurer sa viabilité par Aline Defour, juriste spécialisée
dans le droit du travail- collaboratrice Artist Projetc –ILES.
Les manières de travailler en tant qu’artiste. Le B.A- ba de ce que tout
jeune artiste doit connaître pour trouver l’information et s’y retrouver dans le
dédale administratif. Clarifier les options qui se présentent. Le droit
d’auteur ne sera pas abordé.

Du talent à la reconnaissance par Laurent Busine.
Comment réussir l’après-école d’art? Comment expliquer l’émergence d’un talent
plutôt qu’un autre? Comment expliquer le marché et les principales phases
d’émergence? Qui sont les acteurs du jeu? Le rôle de la critique et des
curateurs. Les galeries? Quels sont les choix à faire pour commencer à se
positionner? Quels conseils donner à un jeune artiste aujourd’hui?

Questions-réponses.

Public invité : artistes et étudiants de fin d’études de Ecole d’Art-Uccle, ERG, Saint-Luc, Conservatoire de Bruxelles, Académie des BA, Ecole supérieure du Design, Ecole supérieur Arts de l’image-le 75, ECS-Bruxelles et la Cambre.

 

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“Connaissance et Oubli” en musique !! 24.09.2017 Laure Streit – piano dans “L’Âme russe et les peintres sonores”

 

Originaire de Charleville-Mézières (France), elle commence le piano à 7 ans et reçoit l’enseignement passionné et exigeant de Franck Rivière et de Philippe  Larguèze à l’école de musique de sa ville natale. À 16 ans, elle y obtient la médaille d’or en piano tout en terminant brillamment ses études secondaires. Elle entreprend alors des études de logopédie et approfondit parallèlement sa pratique du piano grâce à des stages et masterclasses auprès d’Olivier Casal, France Clidat et Eric Heidsieck. Diplômée en logopédie et titulaire du 1er prix de perfectionnement de piano à Charleville-Mézières, elle décide d’assouvir complètement sa passion pour la musique au sein du Conservatoire Royal de Bruxelles dans la classe de Mickaïl Faerman (1er Prix Reine Élisabeth) et de ses assistants Luba Aroutounian et Gabriel Teclu. Elle y obtient le Master spécialisé de piano avec Grande Distinction, ainsi que l’Agrégation  et le Master spécialisé d’Accompagnement dans la classe de Philippe Riga. Soutenue par la Fondation Wernaers, on peut l’entendre fréquemment tant en récital qu’en musique de chambre, en Europe et en Amérique du Sud (Equateur). Ses expériences avec orchestre l’ont également menée sous la direction d’Edmon Colomer et  de Dan Mercureanu.  Laure Streit est actuellement professeur de piano et accompagnatrice à l’Académie des Arts de Bruxelles.

Laure Streit interprètera :

Dumka op 59 de Tchaïkovski, 
Extrait des Saisons op 37a de Tchaïkovski,
Tableaux d’une exposition de Moussorgski.

“Connaissance et Oubli”… en musique !! 30.09.2017 – Noé Beauvois, Maïté Leuridan & Thibaut Louvel – violoncelle et piano dans “Pärtitas et Compagnie”

Pour le concert « Pärtitas et Compagnie » qu’ils donneront le 30 septembre à 18h à la Chapelle de Boondael, ils interpréteront en première partie la Suite n°1 en Sol Majeur de Jean- Sébastien Bach pour violoncelle seul et Fratres pour violoncelle et piano d’Arvo Pärt. La deuxième partie fera la part belle à de l’improvisation.

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Noé Beauvois

Noé BEAUVOIS est né à Bruxelles le 30 mars 1991. Jeune violoncelliste en formation au Conservatoire de Liège et musicien éclectique, il explore les univers musicaux et multiplie les expériences en passant du répertoire classique à la musique improvisée. Il a commencé le violoncelle à l’âge de 8 ans à l’Académie d’Evere à Bruxelles auprès de Brigitte LEFEBVRE (durant 7 ans) puis a poursuivi son apprentissage en cours privé chez Aurélia BOVEN pendant 3 ans. C’est avec elle qu’il a découvert le plaisir de jouer en ensemble, au sein d’un quatuor de violoncelles et dans une formation plus large, appelée alors « Forêt de violoncelles »; qui pouvait réunir jusqu’à 50 jeunes instrumentistes. À l’âge de 18 ans, il a reçu de ses parents son propre violoncelle, c’est ce même instrument qui l’accompagne encore aujourd’hui. Fasciné par le son qui en naît et qui lui colle comme une seconde peau, il s’adonne depuis à la pratique de l’improvisation créant un lien fusionnel avec son violoncelle. Durant son cursus universitaire en anthropologie, Noé Beauvois a intégré l’Orchestre de l’ULB (Université Libre de Bruxelles), avec lequel il a joué pendant 3ans, sous la direction de Zofia WISLOKA. Après avoir obtenu son Bachelor, il s’est remit intensivement à l’étude de la musique. Tout en poursuivant son Master en anthropologie, il a préparé son entrée au Conservatoire de Liège avec Adrien TSILOGIANIS (professeur à l’Académie d’Etterbeek). Aujourd’hui, Noé Beauvois a terminé ses études universitaires et s’apprête à entamer sa troisième année de Conservatoire avec Jean Pol ZANUTEL comme professeur.  Ayant un goût certain à explorer les univers musicaux, il a également intégré un groupe de chanson française, « Alice Spa », avec lequel il s’est produit récemment au Botanique à Bruxelles et aux Francofolies de Spa.

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Maïté Leuridan

Maïté LEURIDAN, issue d’une famille de musiciens, commence le violoncelle à l’âge de 4 ans et la musique de chambre à 12 ans. Elle reçoit le « prix Hubert Meremens » ainsi que le « Prix de la meilleure prestation publique en dernière année » en 2008 et obtient un second prix au Concours Dexia 2008. En 2008 elle entre Conservatoire Royal de Bruxelles et poursuit ses études à la Haute Ecole de Lausanne auprès de Marcio Carneiro. En 2013 elle intègre le Brussels Philarmonic Orchestra où elle joue pendant 2 ans et collabore avec l’orchestre de chambre de Lausanne en 2014. En 2015, elle participe à la tournée du NJO. Maïté se produit régulièrement sur la scène belge et en Europe en musique de chambre (Nox quartet) ou en solo dans un répertoire principalement classique mais également tango (Sol y duda 2016) et jazz (Moon Cactus). En 2016 Maïté obtient un Master Podium avec grande distinction dans la classe de Justus Grimm au Conservatoire Royal d’Anvers et achève l’année suivante un master en pédagogie au Conservatoire Royal de Liège où elle se perfectionne également en musique contemporaine. Elle enseigne actuellement en académie et en école secondaire.

Maïté joue un violoncelle Thomas Bertrand 2004 (copie d’un Matteo Goffriller).

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Thibaut Louvel

Thibaut LOUVEL commence ses études de piano à l’age de onze ans, dans un conservatoire communal en région parisienne. Jusque l’age de vingt ans il poursuit en parallèle ses études musicales avec des études scientifiques ; mais sa passion grandissante pour la musique l’amène à s’y consacrer exclusivement après l’obtention de sa licence de mathématiques. Il obtient successivement ses prix de DEM et de perfectionnement avec grande distinction, grâce à l’enseignement qu’il a pu recevoir de ses professeurs Hakim Bentchouala, Gabriella Torma et Réna Shereshevskaia. Il se produit durant cette période de nombreuses fois en public à Paris, en soliste avec l’orchestre de Créteil, ou à l’occasion de concerts caritatifs pour des hopitaux Parisiens en tant que membre de l’association « piano et compagnie ».

Il quitte Paris pour Bruxelles pour approfondir ses connaissances musicales auprès de Michail Faerman au conservatoire de Bruxelles. Son horizon musical s’étend alors considérablement par l’étude intensive du répertoire soliste (lauréat au concours de liège 2016), et la pratique assidue de la musique de chambre. Le partage avec le public et avec d’autres musiciens, d’égal à égal, est à la base de sa vision de l’Art. C’est ainsi que naît sa collaboration avec Stann Duguet en duo piano violoncelle, mais également dans de nombreuses autres formations, allant des trios à clavier romantiques aux œuvres pour grands ensemble de Steve Reich. Comme de nombreux artistes, il considère la transmission de la musique aux plus jeunes comme une suite logique de sa pratique ; et a travaillé dans de plusieurs conservatoires en France et en Belgique, et donné des masterclass pour les enfants avec les jeunesses musicales de Wallonie.